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Ibrahim Kanaan, député du Metn: Pour la stabilité en zone chrétienne  
30/7/2010

Ibrahim Kanaan, député du Metn: Pour la stabilité en zone chrétienne

 

Hebdo Magazine 28/07/2010

PAR SAAD ELIAS -

«Il est étonnant que la détente politique avec la Syrie se soit traduite automatiquement en détente judiciaire… Tant qu’on avait besoin du Hezbollah on le laissait tranquille, ce n’est plus le cas aujourd’hui. On ne peut pas demander à celui qui se sent menacé d’assister en spectateur au scénario mis en place». Interview d’Ibrahim Kanaan, député du Metn.

En tant qu’avocat et qu’homme politique, comment évaluezvous l’attaque anticipée, lancée par le secrétaire général du Hezbollah contre le TSL?

Ce n’est pas pour défendre sayyed Nasrallah, ni pour défier ceux qui ont attaqué le Hezbollah, je considère que le Hezbollah est concerné par toutes les déclarations éma nant de l’intérieur et de l’extérieur faisant état de son éventuelle accusation. Si nous prenons toutes les données passées: la Syrie a été pointée du doigt pendant cinq ans, puis subitement nous sommes passés à une période d’ouverture, de coopération et de relations normales avec Damas. Puis on a commencé à parler du Hezbollah. Où se situe la vérité dans tout cela? Qui a dit que je ne souhaite pas connaître la vérité? Si nous ne la dévoilons pas, cela encouragera les criminels à récidiver. Mais s’il s’agit d’une exploitation, cela signifie que la Justice est instrumentalisée. Le Hezbollah a perçu cette tendance et ce revirement injustifié cinq ans plus tard, c’est pourquoi nous deman dons aux Nations unies d’éviter que ses interventions soient uniquement saisonnières et reliées à des échéances politiques régionales. Il est étonnant quand même que la déten te politique avec la Syrie se soit traduite automatiquement en détente judiciaire. Tant qu’on avait besoin du Hezbollah on le laissait tranquille, ce n’est plus le cas aujourd’hui. On ne peut pas demander à celui qui se sent menacé d’assister en spectateur au scé nario mis en place et de ne pas mettre en garde contre ses résultats.

Quid du scénario évoqué par le général Aoun et transmis au président Bachar el Assad et à sayyed Nasrallah?

Ce scénario, tel que propagé par les médias, a été démenti par le Hezbollah par la bouche de son secrétaire général et par le général Michel Aoun.
Le général Aoun n’a pas démenti. Il a dit qu’il l’avait imaginé…

Même le général l’a démenti à l’issue de la réunion du bloc. Il y a des choses qu’il a niées en vrac et en détails surtout celles en relation avec la conjoncture chrétienne. Je vous renvoie à l’attitude que nous avons adoptée le 7 mai 2008. J’interroge les FL et les Kataëb sur le rôle joué par le général à ce moment et comment il a été la soupape de sécurité dans ces régions. J’ai œuvré personnellement avec les députés Georges Adwan et Sami Gemayel pour éloigner le spectre du 7 mai des régions chrétiennes.

Ne pensezvous pas qu’à travers ce scénario, le général semblait encourager le Hezbollah à pénétrer dans les régions chrétiennes?


Nous sommes contre toutes sortes de trouble dans l’ensemble des régions libanaises. Nous sommes contre les causes et les conséquences de toute perturbation. Lorsque le général met en garde contre des problèmes potentiels, cela signifietil qu’il recourt à l’incitation? Nous, au Tayyar, cautionnons la stabilité, surtout au niveau chrétien.

Votre relation avec l’allié de votre allié, le président Nabih Berry, s’estelle améliorée?

La braise de Jezzine couvetelle toujours sous les cendres? Le président Berry et nousmêmes avons dépassé la question de Jezzine depuis longtemps, que ce soit lors des législatives ou des municipales. Nous n’avons pas eu de réactions démesurées à ce sujet, et lui non plus. Nous plaçons cette affaire dans le cadre de la compétition démocratique. Il existe plusieurs dossiers sur lesquels nous nous retrouvons avec le président Nabih Berry et il existe aussi des sujets sur lesquels nous ne sommes pas d’accord, ce n’est pas un secret, comme la question de l’abolition du confessionnalisme politique et la façon de la présenter, le vote à 18 ans, les projets de procédures accélérées en faveur des Palestiniens au Liban et qui sont inacceptables du point de vue parlementaire, juridique et politique. Sans oublier nos divergences sur d’autres sujets financiers et autres. Sur ces dossiers, nous ne partageons pas non plus l’avis du Hezbollah. Alliance ne veut pas dire fusion, ni élimination des différences. Lorsqu’il a été question du tiers de blocage dans le Cabinet d’union nationale, nous avions bien dit que cela n’était pas essentiel. A chaque dossier sa spécificité. Personne ne peut nous mettre en cage. Les Syriens n’ont pas réussi à le faire dans le passé et les Palestiniens avant eux non plus. Pareil pour les Ottomans. C’est le phœnix qui renaît toujours de ses cendres.
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